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 LOA

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MessageSujet: LOA   Lun 7 Déc - 14:54



Prière de ne laisser vos commentaires qu'à la toute fin du récit.


Dernière édition par Admin le Lun 7 Déc - 23:31, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: LOA   Lun 7 Déc - 15:08

« Écris donc ce que tu as vu, ce qui est, et ce qui doit arriver ensuite »
(Apocalypse chapitre 1, verset 19)



CHAPITRE 1: UN APPEL DANS LA NUIT






Je m’éveillai brusquement, sur un cauchemar : j’avais rêvé que des milliers de visages me considéraient, attentifs et horribles, dans le coin de la terrasse du toit où je me couchais à présent, depuis que la chaleur de mon appartement, avait cessé d'être supportable. Je me redressai, tout en sueur, et ayant beaucoup de peine à reprendre mon souffle. J’eut même l'impression, pendant quelques instants, que j’étais en train de mourir, et que c'était déjà le monde surnaturel qui m'entourait. Mais bientôt, à force d'efforts, je reconquis mes sens : je me levai, m'habillai et aspirai de longues bouffées de l'air étouffant de la nuit. Au-dessus de moi, le ciel était comme un immense trou, noir et vide ; mes yeux n'y distinguaient pas le moindre rayon de lumière, encore que la lune fût certainement levée, car je l'avais vue, deux heures auparavant, semblable à une faucille rouge, monter lentement au dessus de paris. Dans la ville, non plus, mes yeux n'apercevaient rien qu'une infinité de ténèbres. De la rue Vieille du Temple qui jouxtait mon domicile de la rue des Ecouffes , seulement, sortait des reflet de lumière, qui se projetaient comme des lances tordues ; mais, au delà, rien. Rien, non plus, du côté nord, ni de celui de l'est ; à l'ouest, une lueur, aussi faible et pale que l'aile d'une phalène, révélait l'emplacement du jardin du Luxembourg. J’aurais pu me croire sur le haut d'une tour, dans un désert, s'il n'y avait eu ces reflets brisés, dans la rue voisine, et cette vague lueur dans le lointain.



Marchant très doucement ; je traversai le toit dallé jusqu'à son extrémité opposée et, de nouveau, regarda au dehors, car toujours j’étais torturé du désir de me persuader que je restais vivant et me trouvais encore dans le monde des hommes. Oui, vraiment, je vivais encore! Cette fois, un cri, comme l'aboiement étranglé d'un chien, retentit tout à coup, derrière moi, et en me retournant, aperçut la figure effrayée d’Helena qui sortie d'un cauchemar comme celui dont moi-même je venais de sortir, faisait effort pour se redresser, évidemment Helena ne pouvait être chez moi en ce moment. Sur quoi je m'en retournai à l'endroit où j’avais dormi, l'âme toujours en doute de la réalité de ce que je voyais ; et le silence accablant descendit sur la terrasse. Je m'éveillai de nouveau, hurlant, tremblant de tout mon être, après un sommeil sans rêve, et constatai qu'un changement s'était produit. Du coin où je gisais, mes yeux douloureusement alourdis, lorsque je les releva, rencontrèrent un éclat qu’il me paraissait impossible à soutenir ; tout n’était que couleurs fluctuantes. La forme des objets et des reliefs, bien que floues, se découpait dans une étrange luminosité opalescente. La lune scintillait impérieusement, son éclat argentée parvenait étrangement à s’imposer face aux nuages jupitérien qui traversaient le ciel à une vitesse démentielle. Mon corps semblait paralysé et tout mouvement me demandait un effort intense de concentration.

Mais dès la minute suivante, je découvrais que dans cette incroyable explosion sensorielle se dégageait une impalpable logique. Ces filaments ou ces rayons qui se rencontraient et se percutaient, bouillonnaient dans un même élan. Ses champs entamaient une sérénade dictée par une loi qui me dépassait alors. Dans ces remous inquiétants, énergie et matière ne faisait plus qu’un, mais loin d’être capturé dans leurs environnement, les flux s’écoulaient, tourbillonnant d’une violence sourde, comme aspirée vers une destination qui devait à jamais marqué mon destin.
Alors que les champs se déchaînaient, ma poitrine se comprimait méchamment. Une main implacable empoignait mon cœur et me l’extirpait rudement de ma cage thoracique. La souffrance devenait insupportable. Tout cela paraissait si réel que j'avais peine à imaginer que cela se produisait ; et cependant, chaque épisode survenait, non pas comme une étape nouvelle dans l'enchaînement logique des faits, mais comme une chose à laquelle on s'attend. C'est de cette façon que la mémoire joue ses tours pour le bien ou pour le mal ; pour le ravissement ou pour la douleur ; c’est ainsi que m’a vie s’échappait dans un mélange de splendeurs inexprimables et de tortures ineffables et que ce qui a été devenait éternel.

Je comprenais : cette force m’aveuglait, me brisait, balayait mes certitudes, et ravivait en moi un tourment infernal torturant plus encore mon âme déjà suppliciée ; paradoxalement une incroyable lucidité m’envahissait. Elle m’appelait à l’aide, je me relevai précipitamment, une course folle s’engageait.
En traversant la terrasse, je regardai autour de moi ; et il me semblait que l'aube devait être venue, car le sinistre ciel, au-dessus de moi, était enfin devenu visible. Une voûte énorme, opaque et couleur de fumée, se recourbait jusqu'à l'horizon spectral, de l'autre côté de Paris, où les bâtiments lointains projetaient des formes aiguës, comme découpées dans une feuille de papier.



Mais tout cela était aussi monstrueux, aussi profondément éloigné de la réalité ordinaire, qu'aurait pu l'être un paysage fantastique peint par un aveugle-né, ou plutôt par un homme qui jamais n'aurait vu les choses dans la claire lumière du soleil. Et le silence était absolu, profond, épouvantable. Très vite, je descendais les marches raides, toujours précédé des champs vrombissant d’énergie qui enveloppaient toutes choses et m’attirait ; puis je longeai le petit corridor, où je me heurtai contre les meubles ; je cavalai sur les rues pavé du Marais puis sur les quais ; je longeai Notre Dame et déboulai sur le parvis ; mes doigts s’agrippaient ferment à la rambarde du pont au Double, sous moi coulait la Seine, tel un nouveau né, je tentais mécaniquement d‘engouffrer une grande bouffée d’air, mon souffle était coupé, la seine s’écoulait paresseusement sous mes pieds, une multitude d’étoiles illuminait Paris en cette chaude nuit d’été. Je sentis d’instinct que je n’étais pas seul. L'un arrivait sur le pont par la cathédrale, tandis que l'autre gravissait les marches du quai Montebello et bloquait une quelconque possibilité de retraite. Ma seconde pensée fut de déterminer lequel j’éliminerais en premier.

Placide, je pris le temps d’évaluer les deux hommes qui se rapprochait de ma position, le choc de leur apparition me cloua sur place. Je m’étais préparé à réagir, certes ; mais leurs personnalités formidables, accablantes, irrésistibles ! Sur ma gauche, son volume vous coupait le souffle : son volume et sa stature imposante. Il avait une tête énorme ; je n’en avais jamais vu d’aussi grosse qui couronnât un être humain. Tout de suite j’associai son visage et sa barbe à l’image d’un taureau d’Assyrie ; sur le visage rubicond, la barbe rousse taillée en forme de bêche, descendait jusqu’au milieu du buste et ressemblait à une poussée de fils de cuivre. Sur son front massif les cheveux retombaient en cascade, des lueurs de métal et de feu passaient dès qu’il tournait la tête. Les yeux gris-bleu s’abritaient sous de grandes touffes fauves : ils étaient très clairs, très fier, très dominateurs. Son par-dessus élimé dessinait des épaules immensément larges et un torse comme une barrique… Ah ! j’oublie les mains : énormes, velues ! Cette image, associée à une voix beuglante, rugissante, grondante, constitua la première impression que je reçus du mythique Setanta, chien de Culann, et qui se présentait sous le nom de Thuann.

– Voyez mon frère, s'écria Thuann tout en désignant le second arrivant, voyez comme toutes choses attendent le Juge qui s'approche ! L’histoire a ses raisons que la logique des hommes ne saurait appréhender ! De très loin, voici venir les aigles dont on a tant parlé, conduits par le Prince qui « n'a rien en lui » !…
D’un naturel courtois, je pris le temps de me présenter, puis focalisai mon attention sur le destinataire de cet avertissement pour le moins arrogant.
– C’est John Winter, et j’aime pas votre attitude.

Le deuxième homme s’approchait. Oui, je m’attendais nécessairement à quelque chose de fatal, de théâtral même. C’était un homme d’une taille au-dessus de la moyenne, à la démarche solide et élégante à la fois. Son smoking incontestablement taillé sur mesure, soulignait son corps musclé de prédateur dionysien. L’ovale du visage était distingué, la bouche était fine ; le menton avait ce dessin « autoritaire » des conquérants ; son profil droit, ferme, esthétique. On pouvait dire que c’était un très bel homme, mais ses yeux funèbres ne pouvaient me permettre aucune hésitation sur la personnalité de l’étrange individu que j’avais devant moi. Il ne me voyait pas, il regardait au-dessus de moi, à travers moi, vers le fleuve. Ainsi m’est apparu celui qui porte tant de nom que le diable lui-même en serait jaloux, mais dont le plus évocateur est Marc-Antoine. Il bondit sur le parapet, et de son regard mort scrutait le bras du fleuve, il est certain qu’il voyait des choses que je n’étais pas encore capable de distinguer, car il fit un signe de la main vers les eaux qui me paraissaient désertes.
Il est vrai que la nuit traînait encore sur la Seine. Il est vrai également que je n’ai jamais eu l’œil marin. Quelles étaient mes pensées à ce moment précis ? Elles étaient tout à fait lugubres ! La situation, si mystérieuse qu’elle apparût, me semblait très claire en ce qui me concernait ! Il étendit ses mains, d'un mouvement brusque et large. – Ne le voyez-vous pas ? s'écria-t-il d’une voix auguste. Ne le voyez-vous pas ? Et alors, pour un bref instant, j’eu, moi-même, un éclair de vision ; et, pendant quelques secondes aussitôt envolées, je pus voir, moi-même, ce que voyait Marc-Antoine.



Au centre du pont se déroula un spectacle majestueux. La Seine sortit de son cours pour s’élever vers le firmament. Des centaines des bulles de vapeur se formèrent à sa surface et éclatent en des kyrielles d’étincelles. Le lieu fut entièrement baigné de lueurs dansantes qui rappelèrent les couleurs changeantes de la mer. L’apparition spectrale se disloqua et explosa en une pluie de particules d’eau qui tombèrent dans les eaux miroitantes de la Seine. Un cocon d’énergie crépitante se forma et accueilli une masse vrombissante d’eau, jaillissant des éthers et traversée de rayons verts et bleus aveuglants. La Seine bouillonnait en absorbant cet imposant fardeau. Elle se mettait à onduler de plus en plus furieusement. Une vague, réelle cette fois-ci, jaillit et remonta le cours de fleuve tel un mascaret.
La seine immense s'étendait au-dessus de nous, noire sous le ciel sans étoiles, et piquée seulement, çà et là, d'une petite tache blanche qui trahissait son mouvement infini ; Les moindres détails de la scène apparaissaient avec une réalité merveilleuse.

Voilà ce que je vis, et non point comme voient les yeux, mais comme voit l'esprit ! Mais je vis bien plus encore que cela, car je compris, aussitôt, que ce que nous regardions ainsi était le résumé de toutes les forces de la terre, unies pour procéder à une dernière volonté: Je sus tout cela, et, cependant, aucune ombre de peur n'était en moi. Car, dans cette même vision d'extase, je découvrais aussi un autre monde, transcendant et supérieur à toutes les imaginations humaines, un monde de volontés et d'esprits, en comparaison duquel tout l'univers terrestre n'était que poussière infime, aussitôt dispersée. Ce à quoi toujours, j’avais aspiré, ce dont toujours j’avais vécu sans le voir, c'était cela qui était en train, maintenant, de passer du champ de mes espérance dans celui de ma vue. Maintenant, dans cette seconde infinie, mon âme n'avait plus besoin d'aucun effort pour s'élever à ce monde supérieur, car c'était ce monde seul qui devenait réel, tandis que l'ancienne réalité s'effaçait, comme un rêve passager. Et lorsque cette seconde d'illumination finit, – et elle s'évanouit dès que Marc-Antoine eut baissé les mains, – la connaissance de tout cela resta au fond de mon coeur, désormais assurée et inébranlable. Je connaissais cette réalité surnaturelle aussi certainement qu'un homme connaît le visage de son ami, je me la représentai aussi fidèlement que notre mémoire reconstitue l'aspect d'un jardin que lui a, tout à coup, révélé la lueur d'un éclair. Et quand, ensuite, la voix de Thuann continua de parler, dans un prodigieux élan d'enthousiasme, je ne perçus que le seul bruit des mots. Car toute mon âme persistait à regarder ce qu'il m’avait été donné d'entrevoir, m'ingéniant, – ainsi que parfois nous faisons au sortir d'un rêve très intense, – à revoir et à interpréter le spectacle prodigieux qui s'était révélé à moi : Et je me souvenais de bien plus encore…
Je tourna les yeux vers mes deux compagnons ; et ce fut à travers un torrent d'images que j’entendis de nouveau la voix, profonde et calme, de Thuann, qui, cette fois, s'adressait à moi : – Mon frère, il faut, tout de suite, que nous la suivions.

L’univers reprennait son aspect normal. Les douze coups de minuit retentissaient tout proche tandis que la Seine poursuivait son cours indolent et tranquille.
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Marcus Antonius
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MessageSujet: Re: LOA   Lun 14 Juin - 14:55

la suite la suite on attend : )
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MessageSujet: Re: LOA   

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