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 LEGENDES DE PRAGUE

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MessageSujet: LEGENDES DE PRAGUE   Sam 11 Avr - 17:44

LES LEGENDES DE PRAGUE



La Fondation de la ville de Prague

Dans la nuit des temps, un château-fort en rondins, entouré d'une palissade fortifiée, se dressait sur la rive droite de la Vltava, sur un rocher élevé, baigné par les vagues agitées de la rivière. Cette demeure, tenace comme la volonté des princes qui y régnaient, reçut plus tard le nom de Vyserhad (la château élevé). C'est là que le prince Premysl, siégeant sur son trône de pierre et assisté de la princesse Libuse, recevait les nouvelles de son pays, c'est là qu'il rendait la justice et tenait conseil.
Sous son égide, le pays se transformait rapidement. Les forêts denses faisaient place à des champs et au milieu de ceux-ci, d'industrieux manouvriers préparaient l'habitat, construisant des enceintes fortifiées. Premysl conseillait bien son peuple. Plus il y avait de fortins et de petits châteaux-forts dans le pays, moins la population avait à craindre les invasions ennemies. En temps de guerre, réfugiés derrière leurs fossés et leurs remparts, où ils avaient stocké les vivres et rassemblé le bétail, les gens pouvaient défendre leur vie et celle de leur famille.
La tribu des Tchèques s'agrandissait, il lui fallait trouver de nouveaux lieux d'implantation. Quand la question se posa de choisir un site nouveau, la princesse - et prophétesse - Libuse déclara :
"Fixer-vous là où vous trouverez ces quatre éléments en harmonie : une terre fertile, une eau pure, un air vivifiant, et des arbres qui vous offriront leur bois pour vos foyers et la douceur de leur ombre. Si l'harmonie règne entre ces quatre éléments, vous serez à l'abri de la misère."
Beaucoup de familles suivirent le conseil de la sage Libuse ; leurs champs portaient des récoltes abondantes, leurs troupeaux se multipliaient et une fumée joyeuse s'échappait des cheminées de leurs nouvelles demeures.
Un jour, Premysl et Libuse visitèrent Libusin - le domaine de la princesse. Entourés de leur suite, ils montèrent à l'endroit le plus élevé du château. L'heure était avancée. Dans la lumière du couchant ils contemplèrent le paysage alentour, marqué par l'empreinte de l'homme. Les champs alternaient avec les habitations et les pâturages, la forêt avait reculé vers l'horizon et s'y dressait comme une garde vigilante. Le soleil incandescent allait s'y coucher, projetant l'ombre du château vers l'Est.
La princesse se tourna vers les ombres bleuâtres et tièdes annonçant l'approche de la nuit, et soudain un grand calme règna sur la terre et dans les airs. Les hommes de la suite restèrent muets, le vent retint son souffle, et dans les feuillages, les oiseaux cessèrent leurs chants. La princesse tendit le bras vers l'Est et, comme si elle touchait quelque chose dans les lointaines nues vespérales, elle remua légèrement les doigts et parla:
"Je vois un grand Château dont la gloire monte jusqu'aux étoiles. Dissimulé dans de profondes forêts, l'endroit est borné au nord par la vallée du ruisseau Brusnice, et au sud par une puissante colline rocheuse. La rivière Vltava se fraie un chemin à ses pieds. C'est là qu'il vous faut aller. Au profond de la forêt, vous trouverez un homme en train de tailler le seuil de sa maison. Voilà où vous édifirez un château que vous nommerez Praha d'après le mot désignant le seuil. Et comme tout seigneur baisse la tête pour franchir le seuil d'une demeure, ainsi les plus grands de ce monde la baisseront-ils devant ce château."
Le prince Ptemysl et ses hommes tournèrent leurs regards dans la direction indiquée, mais ils n'y virent que la nuit tombante : l'avenir y était celé comme une pierre précieuse dans la roche.
Un moment encore la blanche main de la princesse resta pointée vers les lointains. Puis l'esprit prophétique l'ayant abandonnée, l'éclat de ses yeux s'éteignit. Et ainsi qu'il en va pour les prophètes et les poêtes, lorsque l'exaltation de la princesse faiblit, l'enthousiasme gagna ceux qui l'avaient écoutée. Sans plus tarder, ils s'apprêtèrent à prendre la route.
Le lendemain dès l'aube, les envoyés s'en allèrent vers l'Est à la recherche de l'endroit que la princesse avait désigné. Ils traversèrent la vallée du ruisseau, se heurtèrent au puissant rocher, puis entrèrent dans la forêt profonde d'où venait le son des coups de hache répétés. C'est ainsi qu'ils trouvèrent l'homme qui taillait le seuil pour sa maison. Sans hésiter, ils se mirent à l'oeuvre : ils abattirent des arbres, construisirent des cabanes en rondins, élevèrent des remblais. Ainsi fut érigé sur la rive gauche de la Vltava le château de Praha, en bois comme celui de Vyserhad, mais plus vaste et plus majestueux.
Le nom de Praha courut de bouche en bouche à travers le pays. Et les marchands étrangers le répandirent dans des contrées lointaines.



Le Berceau d'Or

La princesse Libuse avait la faculté de prédire l'avenir mais aussi de voir ce qui se passait au sein de la terre. Dans ses prophéties elle indiquait les collines qui renfermaient de l'or et d'autres où l'argent se trouvait à foison. A cette époque-là on découvrit, selon la légende, de l'or aux environs de la bourgade de Jilové et de l'argent à proximité de la ville de Kutna Hora. En ces bons vieux temps d'abondance le sol était si riche en ces métaux précieux que de temps en temps, que ces derniers poussaient comme des tiges de plantes : on n'avait qu'à les couper.
Un homme piochant les champs près de Jilové où il cherchait de l'or en trouva une pépite si grande que son poids dépassait celui du couple princier. L'homme envoya sa trouvaille à Vysehrad pour en faire cadeau au prince Premysl. Celui-ci, après avoir consulté ma princesse, convoqua un sculpteur et lui ordonna d'en faire une statue représentant un homme sur le trône. Ensuite, il fit élever un abri pour permettre au peuple d'y venir adorer l'idole en or nommée Zelu, de lui offrir des sacrifices et de lui témoigner ainsi leur grattitude pour toutes les richesses dont abondait le pays. Les métaux précieux étaient stockés dans les salles souterraines de Vysehrad servant depuis les temps les plus reculés de trésorerie des princes tchèques. Il s'y trouvait aussi le berceau d'or de Nezamysl, fils de Premysl et de Libuse.
Les années s'écoulaient, et comme elles étaient heureuses non seulement pour le pays mais aussi pour le prince et la princesse, elles s'écoulèrent très vite. Le fils du prince s'éssayait déjà à bander la corde de son arc et à brandir l'épée de son père. Libuse éprouvait une fierté maternelle pour Nezamysl, mais aussi du regret à la pensée des ravages du temps auxquels personne ne pouvait échapper. Un jour, elle ordonna à ses compagnes de prendre le berceau d'or et de la suivre. Au pied de Vysehrad, elle s'arrêta à l'endroit où la rivière était la plus profonde.
"Précipitez-y le berceau", ordonna-t-elle.
Les eaux jaillirent, puis un dernier éclair, et la masse d'or disparut dans les flots. La princesse ne cessait de la suivre de ses yeux, témoin de sa longue chute à travers les eaux et les siècles à parcourir. Elle vit ainsi des lumières dans les profondeurs des âges : tantôt c'était une clarté solaire, tantôt un incendie ; elle entendit également un vacarme et des cris : tantôt des jubilations et des chants, tantôt des pleurs et des lamentations. Le berceau d'or cheminait à travers les flots de larmes, s'enfonçant de plus en plus dans les abysses.
"Cache-toi, cache-toi, s'écria la princesse, le jour viendra où les larmes de ceux qui habitent ce pays te feront remonter à la surface pour que tu puisses accueillir des mains de bonnes gens un enfant qui sauvera la nation et le pays."
Silencieuse, la princesse prit le chemin de retour vers Vysehrad. Et le berceau, à l'image du trésor mystérieux de Vysehrad, ressemblait à un grain d'or que l'on avait semé pour qu'il germât un jour et donnât à manger à tous les affamés aux moments de la plus grande misère. Mais le grain le plus précieux que l'on sema pour l'avenir, c'étaient les enfants, dont Nezamysl.
Bien des siècles s'écoulèrent avant que la reine Eliska, épouse de Jean l'Aveugle de la dynastie de Luxembourg, mît au monde un fils nommé Vaclav qui adopta plus tard le nom de Charles, pour devenir Charles IV. On dit qu'un miracle se produisit au moment de sa naissance : les eaux de la Vltava s'ouvrirent comme une fleur de rose et livrèrent le trésor ancien enfoui jusque là dans leurs profondeurs. Sous le rocher de Vysehrad apparut le berceau d'or que la princesse Libuse avait confié à la rivière et qui, selon sa prophétie, accueillerait celui qui apporterait au pays la paix et le bonheur. Ayant quitté les abysses de la Vltava, il offrit ses bras d'or au nouveau né.
La légende veut que le jour où Charles IVrendit l'âme, le lit d'or qui avait été au château impérial de Karlstejn disparut. Il se serait transformé de nouveau en berceau d'or qui regagna, sous le rocher de Vysehrad, les profondeurs de la Vltava. De temps en temps, un rayon doré se dégage du berceau, monte vers la surface et effleure les eaux ondoyantes, comme pour s'enquérir si le moment est déjà venu.
On dit qu'un jour, le berceau d'or quittera une fois de plus la Vltava pour qu'une mère puisse y mettre son enfant qui apportera au pays la pays et le bonheur. Mais qui sait ? Il se peut que quelque part en Bohême le berceau remplisse déjà sa mission et qu'il ne soit pas le seul.




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